Après les deux premiers opus System Shock 1 et 2 ou SWAT 4, on voyait mal un studio comme Irrational Games nous pondre un navet, bien au contraire ils nous servent l’un des meilleurs jeux de l’année, loin de tout les FPS classiques, Bioshock évolue dans un autre monde.
1960, votre avion s’écrase au dessus de l’atlantique, au beau milieu de nulle part, seul survivant du tombeau volant, VOUS ! Au milieu des flammes se dresse votre seul espoir : un phare abandonné. Après s’être retourné une dernière fois pour regarder le bout de la carcasse fumante de votre avion coulant à pic, vous entrez par la grande porte sans savoir que c’est la dernière fois que vous voyez la surface. Après avoir vite fait le tour du propriétaire, vous entrez dans une bathysphère qui vous mène vers une aventure aux frontières de l’imagination humaine : Rapture. Via un projecteur, Ryan, le créateur des lieux vous explique son point de vue sur sa cité utopique, une ville sous la mer, coupée du monde extérieur et de toutes ses contraintes, et où tout effort mérite récompense. Malheureusement la vérité est toute autre, car après l’exploitation de l’Adam (substance ayant la capacité de changer le code génétique pour transférer des pouvoirs spéciaux), Fontaine, le chef des contrebandiers décide de s’opposer à Ryan et de mettre la main sur Rapture. Cette confrontation aura des conséquences irrémédiables sur la ville qui changera petit à petit de visage, entre répressions sur les habitants et fortes dépendances provoquées par les trop hautes doses d’Adam, la population de Rapture perdra les pédales et deviendra complètement folle. Les doses d’Adam devenant rarissimes, Ryan et ses sbires trouvent le moyen d’en récupérer sur les cadavres via le contrôle de petites filles, transformées en réserves d’Adam mobiles toujours accompagnées d’un « Protecteur » pour calmer les foules. Rapture tombe donc en ruine et la cité utopique fait plutôt office de cauchemar.
Une fois la descente terminée, vous êtes directement plongé dans l’atmosphère angoissante de Rapture, heureusement, un survivant vous contacte par radio pour vous prend par la main, et vous force à prendre votre première dose d’Adam, entraînant la création d’un plasmide et l’apparition d’un pouvoir, car si les armes sont utiles pour survivre dans Rapture, les plasmides seront eux vitaux, car leurs différents pouvoirs peuvent vous sortirent de bien des situations compromettantes, en passant sur les plus classiques : Foudre, Feu, Glace… on aura à choisir dans des larges gammes, de la télékinésie à la création de « trappes » ou même un pouvoir d’invisibilité, tout ceci consommant de l’Eve (barre de Mana parallèle à la barre de vie). L’aspect RPG de Bioshock tient donc dans ces fameuses doses d’Adam, pouvant, en plus des plasmides, modifier vos capacités en vous rendant plus fort, plus rapide, en créant un champ de protection provisoire autour de vous ou même en modifiant votre capacité d’analyse, les possibilités sont légions. On peut donc facilement faire le rapprochement entre Bioshock et System Shock ou Deus Ex.
Bien sûr dans les couloirs de Rapture on croise des chrosomes (ennemis génétiquement modifiés. EGM ? Cachez ça à José Bové !) mais aussi un bon paquet de machines en tout genres, des distributeurs vous fournissant en vie, Eve et munitions contre des dollars, des appareils de soin payant, des machines vous permettant de construire un peu de tout avec des objets banals trouvés dans la ville, des machines pour remettre un peu d’ordre dans vos modifications génétiques (on ne peut en porter que 5 au maximum), et même des machines pour upgrader vos armes. Mais il existe surtout un nombre impressionnant de systèmes de sécurité : des tourelles lance-grenades aux caméras de sécurité prévenant des mitrailleuses volantes de votre présence néfaste. Selon vos envies, à vous de contourner ces machines, de les détruire ou de les pirater pour qu’elles vous obéissent au doigt et à l’œil en attaquant vos ennemis les plus proches. Ces piratages, qui fonctionnent aussi pour les distributeurs consistent toujours à faire un mini jeu à la difficulté changeante, un échec dans ce dernier aboutissant sur une décharge électrique.
Rapture étant une ville peu accueillante, traîner sa carcasse jusqu'à l’arrivée demandera de la force, de l’intelligence et des réflexes, car les combats contre les chrosomes dépassent de loin les combats de FPS classiques, même si dans les débuts vous pourrez venir a bout de vos ennemis avec l’aide d’une ou deux balles, vous devrez vite trouver des ruses pour faire front contres les différents types de chromosomes, entre ceux qui sont armés, ceux qui se déplacent au plafond ou même ceux qui ont le pouvoir de téléportation, il faudra toujours trouver un moyen efficace d’en venir à bout, et là, les plasmides remplissent à merveilles leurs fonctions, faire brûler un ennemi qui fonce se refroidir dans l’eau électrifié par vos soins, ou même de retourner plusieurs ennemis les uns contre les autres. Vos armes aussi sont vitales dans les combats et en plus de leurs optimisations, elles ont toutes 3 types de munitions qui trouves toujours leurs utilités (les munitions explosives du fusil a pompe font prendre feu aux ennemis, tandis que les mines du lance grenade peuvent dresser des pièges ou que les cartouches anti-personnels du pistolet font des merveilles contre les chrosomes classiques). Vos ennemis étant génétiquement détraqués (?!), ils ne sont plus très malins, et vous fonce généralement dessus sans trop réfléchir, mais ils n’hésiteront pas à battre en retraite quand cela est possible, ou même à foncer au premier poste de soin venu pour repartir au combat aussitôt, et même si les combats ne sont pas très stressants, on éprouve toujours de la joie à voir un chrosomes tomber dans un de vos piéges et s’exploser contre un mur. Mais si votre barre de vie devait se retrouver vide, pas d’écran « Game Over » mais un retour a une chambre de régénération, le fait d’être quasi invincible blesse un peu l’enjeu des combats, mais rien de bien grave. D’ailleurs, sur ce point il est plus question de goût personnel, puisque certains joueurs préféreront ne pas à avoir à recharger une partie antérieure.
Mais au final, ce qui fait tourner Rapture c’est l’Adam, et on en trouve à un seul endroit finalement, sur les petites filles, il faut donc le récupérer pour développer ses plasmides sous peine de rester bloqué plus tard. Cela serait plus simple si elles n’étaient pas constamment gardées par les Big Daddy, ces Humains surpuissants enfermés dans des Scaphandres, ces monstres inoffensifs en apparence deviennent des machines à tuer implacable si on s’approche un peu trop des petites filles ou si l’on devient agressif envers eux ou leurs protégées. Difficiles sont les combats, et le corps à corps est impensable si l’on tient un peu à la vie. Il faudra donc user de tout ce qui est à notre disposition pour achever le mastodonte : traquenards en tout genre, explosifs de plus en plus gros, munitions blindées et explosives ou même aides de chrosomes etc. Une fois le géant à terre, à vous de choisir l’avenir de la fillette, soit vous récoltez l’Adam de la façon la plus radicale qui soit en entraînant la mort de l’enfant, soit vous récupéré la moitié et vous lui laissez la vie sauve, sachez quand même que vos choix vis-à-vis d’elles auront de lourdes répercussions sur la fin du jeu.
Mais Bioshock c’est surtout une ambiance particulière, en y repensant, une ville au fond de la mer pourrait juste être constituée de couloirs sombres, mais la vérité est tout autre, Rapture est composée d’une grande variété d’environnements : Forêts, Jardins, Théâtres, Super Marchés, Gare, Hôpital ; le tout baigné dans une ambiance années 60 et science fiction, avec des affiches et des vidéos dans le pur style d’époque. La bande son aussi étant un chef d’œuvre, les musiques renforcent encore plus l’ambiance et l’immersion, tandis que les cris des chromosomes au loin peuvent faire naître un stress supplémentaire. Les graphismes de Bioshock sont superbes, les effets d’eau sont sublimes, les explosions magnifiques et les différents chromosomes très bien réalisés.
Les environnements de Bioshock sont grands, mais si vous adoptez la façon « je fonce à mon objectif » vous raterez au moins la moitié de Rapture, car libre à vous de prendre votre temps pour explorer la ville, en constatant la décadence des uns, et la désillusion des autres via des messages radio enregistrés expliquant l’histoire de Rapture, des messages plus ou moins importants mais qui contribuent à l’immersion. Ces messages qui traitent de la folie, de l’idéologie, de la science, des défauts humains ou même du point de vue sur la notion de «parfait» vous font réfléchir et vous permettent d’avoir un nouveau point de vue sur la situation, aussi dur soit elle.
Ainsi la durée de vie est très variable, dépendant de plusieurs points, tels que vos choix sur les fillettes, de votre envie d’explorer ce monde, de votre niveau...
Bioshock est donc un jeu nouveau, qui change des FPS classiques, avec un gameplay qui sort de l’ordinaire, une ambiance forte, le tout soutenu par des graphismes forts et une bande son magnifique, Certainement l’un des meilleurs FPS de l’Histoire, seul Deus Ex lui arrive à la cheville.